Le futur doit être dangereux

Le futur doit être dangereux.
Comment se saisir de cette phrase écrite en lettres d'or par l'artiste espagnole Dora Garcia ?
Est ce une constatation désemparée face à la course folle vers la destruction et la mort où semble nous emporter l'histoire de l'humanité et son accélération subite depuis un siècle, ou une injonction radicale à une forme d'anarchie, pour reprendre le pouvoir sur nos vies et nos pensées, sur le monde?

La question du pouvoir et de possibles contre-pouvoirs est au coeur de cette exposition qui, à partir d'un choix d’oeuvres appartenant aux collections des deux Fracs de la grande région Bourgogne-Franche-Comté, tente une approche de la notion d'autorité et des structures de pouvoir qui organisent et régissent nos sociétés. Les artistes, « simples » témoins de leur temps, éveilleurs de conscience ou véritables activistes, sont et ont souvent été les premiers à décrypter les mécanismes du pouvoir et à en révéler la violence, sourde ou plus éclatante. La critique radicale et cinglante d'un Hans Haacke dénonçant les rapports troubles de la finance, de l'art et de la guerre répond à l'humour grinçant d'un Peter Regli transformant le traditionnel coucou suisse en signal guerrier. Le pouvoir de l'argent versus le pouvoir des armes. À la violence des armes et du pouvoir, qu'il soit économique, géopolitique, ou culturel, les artistes répondent à rebours par le rire – même s'il est parfois jaune – comme arme et comme détonateur pour saper les fondements et la légitimité de toute forme d'autorité. Par le biais de l'humour qui déboulonne tous les piédestaux, ou par des déplacements plus tragiques, plus poétiques, comme ceux opérés par Alighiero Boetti ou Servane Mary, l'art opère comme contrepoint, contre-pied et contre-pouvoir.

Sous les auspices de la fameuse phrase de Guy Debord reprise en lettre d'acier par Loïc Raguénès « Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu » et de la mémoire communarde activée par Christoph Weber, les oeuvres présentées ici sont un appel à l'échappée, à une forme douce et souterraine, ou plus brutale, de rupture, inspirée par une tradition libertaire, pirate, anarchiste... ainsi les oeuvres de Roman Signer, Steven Parrino, John Giorno, Gianni Motti, Dominique Ghesquière, Mohamed Bourouissa sonnent comme une réponse « punk » à la phrase prémonitoire de Dora Garcia : No Future ? Le futur doit être
dangereux ...

avec les oeuvres de : Alain Bernardini, Alighiero Boetti, Mohamed Bourouissa, Dora Garcia, Dominique Ghesquière, John Giorno, Hans Haacke, Servane Mary, Gianni Motti, Steven Parrino, Raymond Pettibon, Loic Raguénès, Peter Regli, Matthieu Saladin, Roman Signer, Christoph Weber.

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