"Triangulation"

Co-production :
- FRAC Bourgogne
- Centre culturel de rencontre, Prieuré de La Charité, Cité du mot
- Parc Saint Léger-Hors les murs
Cette exposition s’inscrit dans le cadre des “Pléiades“
manifestation nationale de célébration des 30 ans des FRAC


- Le contexte

L’invitation faite à Alejandro Cesarco de concevoir une exposition mettant en regard ses oeuvres et celles de la collection du FRAC Bourgogne, est le produit d’un partenariat entre le Parc Saint Léger, Centre d’art contemporain de Pougues-les-Eaux, le Centre culturel de rencontre Le Prieuré de La Charité et le FRAC Bourgogne.
Né à Montevideo en 1975 et résidant à New York, Alejandro Cesarco a représenté l’Uruguay lors de la dernière Biennale de Venise et a pris part à la dernière édition de la Biennale de Sao Paulo. Son travail, reprenant les stratégies de l’art conceptuel, s’intéresse à la narration et à sa construction, aux pratiques de la lecture et de la traduction, ainsi qu’aux relations entre mots et images. Il interroge les différentes significations des mots et des images selon leur contexte de présentation et de perception, en prenant en considération la subjectivité et la mémoire du spectateur.

Utilisant différents médias (éditions, photographies, vidéos et installations), Alejandro Cesarco développe aussi une activité de commissaire d’exposition. Ce sont tous ces aspects de son oeuvre, qui ont motivé le choix de cet artiste proposé par le Parc Saint Léger – Hors les murs pour cette première exposition d’art contemporain dans la « Cité du Mot ».

- Le projet
Une exposition d’Alejandro Cesarco avec les oeuvres de la collection du FRAC Bourgogne :

Luciano Fabro, Gottfried Honegger, On Kawara, Martine Locatelli, Man Ray, Steven Parrino, Adrien
Piper, Reiner Ruthenbeck, Niele Toroni, Franz Erhard Walther, Lawrence Weiner

« Triangulation »* retrace le rapport entre le désir et l’écriture, ou de façon plus générale, entre le désir et la création de différentes formes de fiction. L’exposition suggère que le désir entre deux personnes fait souvent intervenir un troisième élément, dans ce cas métaphorisé ou sublimé dans les différentes oeuvres d’art présentées.
L’ensemble de l’installation laisse entrevoir un cadre intime, dans lequel les spectres d’un passé donné semblent hanter un certain nombre de récits en suspens. La configuration amoureuse est pensée comme une triangulation, souvent présentée sous la forme de deux amants et de la distance qui les sépare (qu’elle soit réelle ou imaginaire).

Les questions de perception sont ainsi, à de nombreux égards, de la plus haute importance dans ce contexte. Le fait de maintenir une nécessaire distance entre l’amant et l’être aimé peut aussi signifier que l’amant est en réalité amoureux de l’amour lui-même. Nous en venons également à pressentir que le spectateur et l’amant attendent respectivement de l’acte de voir et de l’acte d’aimer des expériences de même type, qui symbolisent un recours à l’inconnu. (Aristote dit que ce mouvement commence dans l’acte de l’imagination, qu’il appelle phantasia.)
La triangulation concerne la figure géométrique formée par la perception que les deux amants ont l’un de l’autre, et les disparités inhérentes à cette perception. « Triangulation » fait intervenir diverses tactiques visant à garder l’espace du désir ouvert et actif, plus particulièrement à travers le discours. Si le désir est toujours une histoire dans laquelle l’amant, l’être aimé et la différence qui les sépare interagissent, l’interaction est quant à elle une fiction élaborée par l’esprit de l’amant.

* Ce terme et nombre des idées mises en avant dans les paragraphes suivants doivent beaucoup à « Eros The Bitersweet » d’Anne Carson (Dalkey Archive Press, 1998).

Alejandro Cesarco, artiste invité et commissaire de l’exposition.